Coach transformationnelle et coach de dirigeants, psychothérapeute, thérapeute des traumatismes individuels et collectifs et enseignante en développement de la conscience, Ester a développé une approche pionnière reliant principes mystiques et Constellations, au service d’une transformation profonde, individuelle et collective. Également membre de l’équipe pédagogique de Thomas Hübl et des programmes de Mobius Leadership, elle propose depuis 18 ans, dans le monde de l’entreprise, un travail de maîtrise personnelle, de conscience et de guérison transformationnelle.
Ce post propose un court extrait, condensé, du parcours d’Ester, qui a fait de son traumatisme de mort imminente la pierre angulaire de sa pratique de guérison mystique. Écoutez son interview intégrale sur le podcast The Gifts of Trauma.

La spiritualité est au cœur de tout processus de guérison. Mon approche associe des principes mystiques à la guérison des traumatismes, avec le divin pour fondation.
Depuis toute petite, je me suis passionnée pour ce que l’on appelle le divin — ce qui se ressent sans se voir. Je me suis aussi toujours demandé pourquoi d’autres ne voyaient pas ce que je voyais, ou ne ressentaient pas ce que je ressentais. Ces questions m’ont accompagnée et guidée tout au long de ma vie.
À ma naissance, je suis morte à deux reprises, et j’ai été réanimée à chaque fois. Cette expérience a été profondément traumatisante, mais elle m’a aussi donné accès à quelque chose de plus profond et de réel, qui me guide et m’accueille à chaque instant. Ainsi, pour moi, le traumatisme le plus profond a apporté la guérison la plus profonde, et m’a connectée au fait d’être au service de tous.
Lorsque je suis née, à cause du traumatisme, je n’ai pas pu établir un lien sûr avec ma mère. Et pourtant, je n’étais pas seule : je ressentais — et je ressens encore — l’étreinte d’une autre énergie, une étreinte divine. Quelque chose de tout à fait réel. J’étais dans le monde et hors du monde à la fois. J’ai grandi dans deux dimensions.
Aujourd’hui, il m’arrive, lorsque je travaille avec des clients, de les voir évoluer, se transformer et guérir sous mes yeux. Pour en arriver là, il m’a fallu des années d’exploration intérieure, et une grande honnêteté envers moi-même concernant mes parts d’ombre.
Il y a des années, je me suis engagée dans la formation de Thomas Hübl, qui comporte une dimension spirituelle. Bien sûr, la communauté, l’enseignant et ma propre force ont été essentiels, mais il y a eu un moment où j’ai rencontré ce dont j’avais besoin pour guérir mon incapacité à me sentir en sécurité dans la connexion. C’était un processus où j’avais l’impression de mourir une nouvelle fois — et pourtant, je suis restée avec cela. Et après être restée dans ce processus pendant très longtemps, Thomas s’est exclamé : « Waouh, ton énergie a complètement changé. » J’ai senti quelque chose en moi s’ouvrir et l’énergie circuler. C’était extraordinaire. Depuis ce jour-là, j’existe dans une réalité différente.
En guérison collective, lorsque l’on reste profondément présent au processus, tout le champ collectif — jusqu’à 500 personnes — devient un corps unifié. Chacun s’harmonise à ce qui demande à être affiné en lui, et à ce qui a besoin d’être intégré à partir des traumatismes collectifs. Les participants peuvent alors être en mesure de faire face au traumatisme et de mettre en place des changements. C’est une synchronisation physique dans laquelle chacun est relié, émotionnellement et mentalement. Et le facilitateur de ce processus — ce que, dans la formation, nous appelons « l’inspiration de l’innovation » —, je l’appelle le divin.
Ce processus est comparable à celui d’un chef d’orchestre qui permet que l’excellence individuelle de ses musiciens s’accorde afin que l’orchestre devienne un seul corps, générant une expérience de flow qui peut faire bouger les états physiques, émotionnels et mentaux des participants qui sont pleinement présents.
Après trente années consacrées à ma pratique de guérison transformationnelle, ainsi qu’au Zen et à la Kabbale, je me vois comme une artiste dans l’art de la guérison. Ces pratiques spirituelles rendent mon travail de plus en plus subtil et précis. Je ne crois pas qu’on accède à un nouveau niveau de conscience au cours d’un seul atelier : il faut des années pour être réellement ancré dans la pratique que l’on développe, dans l’appel que l’on suit. Et lorsque cette expérience de flow se produit, elle s’appuie sur de longues années de dévouement à sa pratique et à sa voie spirituelle.
Je n’ai jamais eu l’intention de faire ce travail. Je voulais être diplomate. Mais c’est en apprenant, pas à pas, à vivre l’intimité et à être en relation que j’y suis venue. Mes expériences de début de vie ont rendu le fait d’être ici, en tant qu’être humain, compliqué pour moi. Mais j’ai guéri mon incapacité à me connecter aux autres et à être en relation avec eux. Cela a pris du temps. J’étais comme une musicienne de haut niveau, qui s’entraîne avec une discipline rigoureuse pendant des décennies. Aujourd’hui, après près de 30 ans de pratique, je suis à la fois très accessible et davantage capable d’être en lien.
Au début de mon parcours de guérison, j’ai reçu le précieux cadeau de rencontrer Bert Hellinger [le fondateur des constellations familiales, une approche thérapeutique issue du travail systémique, qui fait appel à des des personnes choisies pour incarner des rôles afin de mettre en lumière des dynamiques familiales et organisationnelles cachées, et révèle souvent comment des traumatismes ancestraux ou des questions non résolues influencent inconsciemment nos schémas actuels]. Pour moi, Bert, dans sa grâce, était un génie. Il a réussi à faire entrer dans le monde laïque des principes mystiques qu’on ne trouve pas explicitement dans la Bible, sans provoquer de rejet.
Les Constellations permettent d’accéder à un niveau d’information mystique ; elles offrent ainsi un magnifique pont vers la sensibilité et l’intuition. Je me suis formée aux Constellations familiales pour mon propre processus de guérison. Pour moi, c’était tellement sacré qu’il m’a fallu dix ans de formation avant d’oser en faciliter une.
Lorsque j’anime une constellation — qu’il s’agisse d’un système familial ou d’un système organisationnel — j’invite les personnes à prendre place, puis elles commencent à bouger, elles deviennent alors un corps. Dès le début, je vois où il y a un enchevêtrement, où il y a du traumatisme : c’est figé, vérouillé. Lorsque j’initie ce que Bert Hellinger décrivait par « inclure ce qui a été exclu », tout le système se remet en mouvement. Cette mise en résonance a quelque chose de magique. Les clients entrent vraiment en résonance avec ce qu’ils observent ; ils le sentent dans leur corps. Et alors le corps collectif commence à circuler. Je suis formée à la thérapie crânio-sacrée, donc je sens l’énergie circuler. Et quand cela circule vraiment, la constellation se guérit d’elle-même.
Lorsque je suis arrivée en Espagne, on m’a demandé d’animer des Constellations à titre bénévole pour quelques ONG. Un responsable rencontré là-bas m’a demandé : « Vous pensez que ça marcherait dans une entreprise ? » J’ai répondu : « Bien sûr, ça marche dans n’importe quel système. » Il m’a recommandée ; ensuite j’ai rencontré Thomas Hübl, puis Amy Fox, la PDG de Mobius Leadership, qui m’a invitée à intégrer sa formation. Tout s’est construit de façon organique. Je n’ai pas de site web, et je n’en ai pas besoin : mon travail se fait entièrement par le bouche-à-oreille. Je n’aurais jamais imaginé devenir thérapeute. Aujourd’hui, j’y vois mon intention profonde, longtemps cachée. Aujourd’hui je suis au service du changement et de la transformation ; avant, je n’en avais aucune idée. La vie m’a montré la voie.
The Gifts of Trauma est un podcast hebdomadaire qui met en lumière des récits personnels de traumatismes, de transformation, de guérison, ainsi que les dons révélés sur le chemin de l’authenticité. Écoutez l’entretien et, s’il vous a touché, n’hésitez pas à vous abonner et à le partager.



