Ménopause : que se passe-t-il dans nos corps et nos cerveaux ? avec la Dre Priya Duggal et Rosio Fuentes

Rosio (Rosie) est praticienne en Compassionate Inquiry®, mentore et coach en « curiosité enthousiaste » (Excited Curiosity Coach). Fille de parents migrants de première génération, sa vie est façonnée par deux langues et deux manières d’appartenir.

Priya est naturopathe. Sa pratique se concentre sur la santé des femmes, le cancer du sein, les maladies auto-immunes, les addictions et la santé mentale. Elle est également praticienne, facilitatrice, formatrice et mentore en Compassionate Inquiry®, ainsi qu’animatrice de cercles.

Ce texte est un court extrait édité de la conversation entre Priya et Rosie autour de la manière dont la ménopause impacte la santé physique, émotionnelle et mentale des femmes. Vous pouvez écouter l’intégralité de leur entretien sur le podcast The Gifts of Trauma.

Lecture recommandée : Hormone Repair Manual (Le manuel de réparation des hormones), Lara Briden

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Dr Priya Duggal : une perspective naturopathique ancrée dans la compassion

Je suis ici aujourd’hui en tant que femme traversant la ménopause — cette aventure de la vie. Une femme assise, entourée de plusieurs ventilateurs et enveloppée dans un châle. Cheminant dans cette étape depuis un certain temps, mon intention est de partager l’impact des changements que j’ai mis en place — dans mon alimentation, mon mode de vie, et jusque dans mon être profond. Je souhaite aussi évoquer comment le processus Compassionate Inquiry® (CI) m’a apporté davantage de compassion et de bienveillance au cours de cette phase de mon existence.

Mes patientes me demandent : « Pourquoi suis-je si fatiguée ? Pourquoi ne puis-je plus faire ce que je faisais avant ? »
Elles se jugent aussi : « Je vois certaines femmes y parvenir, pourquoi pas moi ? »

Beaucoup de ces questions sont liées au conditionnement social :
« À quoi est-ce que je ressemble ? »
ou
« Comment est-ce que je gère ça ? »
plutôt que :
« Comment puis-je prendre soin de mon bien-être ? »

La ménopause est une phase de la vie inscrite dans notre génétique, un processus naturel au cours duquel le corps traverse de nombreux changements physiologiques. C’est une forme de remise à zéro, qui fait émerger des questions essentielles : comment changer de rythme, comment ralentir, comment s’accorder du temps.

L’accompagnement naturopathique vise à informer et à soutenir, notamment à travers l’alimentation, le mode de vie, l’acupuncture et d’autres approches. Les femmes qui traversent la ménopause savent qu’elle a un impact sur leur cerveau. Voici ce qui se joue, sur le plan physiologique.

Nous avons des récepteurs aux œstrogènes dans tout notre corps. À la ménopause, les niveaux d’œstrogènes et de progestérone diminuent. Les œstrogènes jouent un rôle protecteur pour le cerveau et pour l’ensemble des réponses des circuits neuronaux. Lorsque la progestérone baisse, l’axe HPA — dont il est question dans la théorie polyvagale — se trouve déstabilisé.

La progestérone soutient l’action des récepteurs GABA, qui nous aident à nous apaiser ; elle est donc essentielle à un sommeil de qualité. Lorsque ces hormones déclinent, ce véritable coussin de soutien disparaît. En conséquence, au-delà du brouillard mental et d’un sommeil fragmenté, nous devenons beaucoup plus sensibles : même les petites choses de la vie peuvent alors nous affecter profondément.

En raison de la diminution des œstrogènes, le cerveau perd en efficacité dans l’utilisation du glucose, ce qui peut entraîner une résistance à l’insuline. Le corps continue alors à produire de grandes quantités d’insuline, mais les récepteurs ne laissent plus entrer le glucose dans les cellules — d’où l’apparition du brouillard cérébral.

Comment savoir si l’on présente une résistance à l’insuline ? On parle alors de syndrome métabolique. Lorsque la régulation de la glycémie se détériore — même sans atteindre le stade du prédiabète — une accumulation de graisse abdominale apparaît, accompagnée de perturbations lipidiques, en particulier une élévation des triglycérides. Les enzymes hépatiques augmentent, tout comme la tension artérielle. Sans prise en charge, la résistance à l’insuline devient un facteur majeur de troubles de santé.

La ménopause est également associée à des enjeux cardiovasculaires. Les œstrogènes offrent aux femmes une protection naturelle tout au long de la vie reproductive. Lorsque leurs niveaux diminuent, en combinaison avec une résistance à l’insuline, nous faisons face à un risque d’événements cardiovasculaires comparable à celui des hommes — voire supérieur.

L’activité physique et une alimentation adaptée jouent un rôle essentiel dans la manière dont nous traversons la ménopause. Il est donc important d’être réellement à l’écoute de son corps. Nous savons tous que les aliments ultra-transformés, riches en sucres et en graisses, ne soutiennent pas la santé. Réduire la consommation de céréales, de viande et d’aliments acidifiants, tout en privilégiant des aliments alcalinisants, peut aider de façon significative à accompagner les ajustements métaboliques.

La ménopause constitue un véritable tournant, un moment clé pour la prévention. Lorsque je prends soin de moi, que je ralentis et que j’adapte mon alimentation, mon cerveau s’ajuste et apprend à utiliser les graisses — ou les cétones — comme source d’énergie plutôt que le glucose. C’est un choix qui soutient la santé. Je dors mieux, je respecte mon rythme et je m’expose à la lumière du soleil. À l’inverse, si je poursuis une vie menée à un rythme effréné, des problèmes de santé finiront par émerger.

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Rosie Fuentes : le regard d’une thérapeute guidée par la compassion et la curiosité

Comme Priya, je traverse la ménopause, mais mon point de vue est influencé par le fait que je suis née avec un trouble du tissu conjonctif. C’est à travers ce prisme que je vis cette expérience. Oui, la ménopause est un rite de passage, mais elle soulève aussi cette question très directe : « Mais qu’est-ce qui se passe ? »

Mon intention est de normaliser les effets de la ménopause sur le corps humain.

Les questions que me posent mes clientes sont proches de celles des patientes de Priya, mais elles sont souvent centrées sur le manque : ce qu’elles ne peuvent plus faire, ce qu’elles ne font plus, et le jugement qu’elles portent sur elles-mêmes. Par exemple, lorsqu’il y a une baisse du désir sexuel : « Je ne m’intéresse plus à mon mari. »

On entend souvent dire qu’une bonne alimentation et l’exercice physique peuvent presque tout régler. Mais c’est une injonction difficile à soutenir, et cela a été difficile d’y parvenir. Et, pour être honnête, j’ai encore du mal à trouver une alimentation qui me convienne vraiment.

Priya, merci pour tes explications physiologiques. En t’écoutant, j’ai ressenti beaucoup d’émotion, car j’ai fait un malaise cardiaque qui m’a menée aux urgences. Je suis aujourd’hui sous traitement pour l’hypertension. À un autre moment, je ne me sentais pas bien sans comprendre pourquoi ; j’ai consulté un endocrinologue et je prends désormais un traitement pour la thyroïde. Puis, face au brouillard cérébral — et à bien d’autres symptômes — je me suis dit : « J’ai besoin d’œstrogènes. »

Je suis plutôt opposée aux médicaments pharmaceutiques, mais aujourd’hui, j’en ai besoin — et je suis reconnaissante d’avoir accès à trois formes différentes de ce que j’appelle la « médecine de l’homme blanc ».

Priya :
J’aimerais parler de la médecine corps–esprit et de la médecine conventionnelle. Cette dernière tend à considérer et à traiter nos organes de manière séparée. Les troubles de la thyroïde sont vus comme des affections de la thyroïde ; la polyarthrite rhumatoïde comme une atteinte des tissus conjonctifs. Or, en tant qu’êtres humains, nous ne pouvons pas dissocier notre corps de nos pensées.

Les sciences de la médecine corps–esprit montrent que nous pouvons modifier notre état émotionnel simplement en changeant notre respiration. Nous pouvons également réguler nos hormones par le souffle ou en nous accordant des pauses régulières. Lorsque nous dérégulons notre rythme interne par manque de soin envers nous-mêmes, des maladies auto-immunes peuvent apparaître.

La médecine conventionnelle, ne s’attaquant pas aux causes profondes de ces pathologies, se limite alors à un soulagement symptomatique. Elle peine aussi à distinguer si ces troubles sont d’origine hormonale ou liés au stress — alors qu’en réalité, ils le sont très souvent.

Rosie :
Nous devons commencer à informer les femmes dès la trentaine, afin que l’impact soit moins éprouvant que ce que j’ai vécu. Cette conversation renforce mon intention de faire en sorte que les femmes sachent que la ménopause arrive — et qu’elles sachent comment y répondre. Si nous avons besoin de la « médecine de l’homme blanc », nous la prendrons. Et nous pouvons aussi nous soutenir nous-mêmes en choisissant une voie plus saine, en ralentissant le rythme et en pratiquant l’auto-compassion.

Il est essentiel que nous apprenions à nous faire entendre et que nous recherchions un accompagnement individualisé auprès de personnes comme Priya, de naturopathes ou de thérapeutes en Compassionate Inquiry®, qui peuvent nous aider à nous ajuster à ce qui se vit en nous. Un accompagnement personnalisé est indispensable, afin que vous n’ayez pas à traverser ce que nous avons traversé.

Je vous invite à écouter ce qui se passe dans votre corps lorsque vous tentez de vous adapter au changement. Soyez curieuses. Comment pouvez-vous être plus à l’écoute et moins dans la résistance ?

Priya :

Oui, et Compassionate Inquiry® a été pour moi un merveilleux cadeau pendant la ménopause. Cette approche m’a donné la permission de ralentir, de lever le pied au travail et de me reposer lorsque la fatigue est là. Alors, dans cette phase de la vie, soyez douces et bienveillantes envers vous-mêmes.


The Gifts of Trauma est un podcast hebdomadaire qui met en lumière des récits personnels de traumatismes, de transformation, de guérison, ainsi que les dons révélés sur le chemin de l’authenticité. Écoutez l’entretien et, s’il vous a touché, n’hésitez pas à vous abonner et à le partager.’authenticité. Écoutez l’entretien et, s’il vous a touché, n’hésitez pas à vous abonner et à le partager.

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